Projet personnalisé de scolarisation (PPS)
Le projet personnalisé de scolarisation organise et coordonne le parcours scolaire et les mesures de compensation d’un élève en situation de handicap après évaluation par la MDPH et décisions de la CDAPH.
Document de référence du parcours
Le PPS définit et coordonne les modalités de scolarisation et les actions répondant aux besoins particuliers d’un élève présentant un handicap. Il comprend des objectifs pédagogiques reliés au programme ou au référentiel suivi et tient compte des adaptations nécessaires 1. Il n’est ni un diagnostic, ni un simple inventaire d’aides.
Élaboration par la MDPH
La demande est formulée auprès de la MDPH par l’élève majeur ou, pour un mineur, par ses parents ou son représentant légal. L’équipe pluridisciplinaire évalue les compétences, les limitations, l’environnement scolaire et le projet de formation. Elle peut s’appuyer sur le GEVA-Sco et sur les observations des professionnels.
La CDAPH prend les décisions qui relèvent de sa compétence. Elle peut notamment déterminer l’orientation, attribuer une aide humaine, décider de matériels pédagogiques adaptés ou notifier l’intervention d’un service médico-social. Les mesures ne sont pas automatiques et répondent à une évaluation individuelle.
Mise en œuvre dans l’établissement
Le directeur d’école ou le chef d’établissement veille à la mise en œuvre des décisions et adaptations relevant de l’établissement. Les enseignants conservent la responsabilité des apprentissages. Un AESH contribue à l’accès et à l’autonomie dans les activités prévues, sans remplacer l’enseignant. Un SESSAD peut intervenir en articulation avec l’école tout en restant un service médico-social distinct.
Équipe de suivi de la scolarisation
L’équipe de suivi de la scolarisation, ou ESS, comprend nécessairement l’élève ou sa famille et l’enseignant référent, ainsi que les personnes qui concourent à la mise en œuvre du PPS. Elle facilite le suivi, observe les écarts entre besoins et réponses, et transmet à la CDAPH les difficultés susceptibles de remettre en cause le parcours 2.
L’enseignant référent maintient les relations entre la famille, l’école et la MDPH. Il ne décide pas seul des droits et ne se substitue pas à l’équipe pédagogique.
Aide humaine, matériel et orientation
L’aide humaine peut être individuelle ou mutualisée selon la nature des besoins. Le matériel pédagogique adapté vise l’accès aux activités scolaires. Une orientation peut concerner un dispositif, un établissement ou un service lorsque cela est pertinent. Ces éléments doivent être combinés avec les adaptations pédagogiques ordinaires, et non les remplacer.
Révision
Le PPS est révisé au moins à chaque changement de cycle ou d’orientation scolaire 1. Une révision plus précoce peut être proposée si les besoins changent. Le suivi doit examiner l’autonomie, la participation, les apprentissages, la fatigue et la cohérence entre les intervenants.
Distinction avec PAP, PAI et PPRE
Le PAP relève d’aménagements pédagogiques pour des difficultés durables liées à un trouble des apprentissages sans décision MDPH. Le PAI organise l’accueil lié à un trouble de santé. Le PPRE répond à des difficultés ciblées de maîtrise des apprentissages. Le PPS relève de la compensation du handicap et peut porter des décisions de la CDAPH.
Continuité et effectivité
Une notification ne garantit pas à elle seule la disponibilité immédiate d’un professionnel ou d’un service. L’effectivité suppose une coordination entre MDPH, Éducation nationale, collectivités, services médico-sociaux et famille. Les difficultés de mise en œuvre doivent être documentées et discutées en ESS.
!À retenir
- Le PPS relève du parcours d’un élève en situation de handicap.
- La demande et l’évaluation passent par la MDPH.
- L’équipe pluridisciplinaire élabore le projet; la CDAPH décide dans son champ.
- Le PPS coordonne des dimensions pédagogiques, éducatives, sociales et de soins.
- Il peut inclure une aide humaine, du matériel adapté ou une orientation si les besoins le justifient.
- L’enseignant référent assure la continuité des relations sur le parcours.
- L’équipe de suivi de la scolarisation observe la mise en œuvre et propose des ajustements.
- Un diagnostic ne détermine pas automatiquement le contenu du PPS.
- Le PPS se distingue du PAP, du PAI et du PPRE.
Données scientifiques
Usage clinique
Les évaluations cliniques peuvent préciser les limitations, la fatigabilité, la communication et les conditions facilitantes. Elles doivent rester proportionnées et laisser à l’équipe scolaire la traduction pédagogique.
Points faisant débat
- Écart entre notification et mise en œuvre : il peut être important selon les ressources locales.
- Objectif d’autonomie : il ne signifie pas retrait prématuré des aides.
- Partage d’informations : la coordination doit respecter la confidentialité.
- Révision : les changements doivent être fondés sur l’évolution des besoins, pas sur une catégorie diagnostique.
- Périmètre : certaines adaptations restent de la responsabilité pédagogique ordinaire.
Idées reçues
- « Le PPS est rédigé uniquement par l’école » : il est élaboré dans le cadre MDPH.
- « Un diagnostic impose une AESH » : l’aide humaine dépend des besoins fonctionnels.
- « L’AESH remplace l’enseignant » : l’enseignement reste sous la responsabilité des personnels enseignants.
- « PPS et PAP sont équivalents » : leurs cadres et effets diffèrent.
- « Une notification suffit à assurer immédiatement le service » : la mise en œuvre mobilise d’autres acteurs.
Références
- 1.République française (2014). Code de l’éducation, article D351-5. LégifranceDOIDéfinition et contenu du PPS, révision à chaque changement de cycle ou d’orientation; version en vigueur consultée le 22 septembre 2026.
- 2.République française (2014). Code de l’éducation, article D351-10. LégifranceDOIComposition et missions de l’équipe de suivi de la scolarisation; version en vigueur consultée le 22 septembre 2026.
Usage social ou communautaire
Le PPS peut soutenir la participation en milieu ordinaire, mais ne doit pas être interprété comme l’obligation pour l’élève de s’adapter seul. L’accessibilité de l’environnement et les mesures individualisées se complètent.