Plan d’accompagnement personnalisé (PAP)
Le plan d’accompagnement personnalisé est un dispositif pédagogique destiné aux élèves dont les difficultés scolaires durables résultent d’un trouble des apprentissages et qui ont besoin d’aménagements sans relever nécessairement d’un PPS.
Finalité
Le PAP permet d’organiser dans la durée des adaptations pédagogiques pour un élève dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages. Il vise l’accès aux enseignements prévus pour le cycle, sans constituer un programme parallèle ni réduire automatiquement les objectifs 2.
Élèves concernés
Le dispositif s’adresse aux élèves du premier ou du second degré lorsque les difficultés sont durables. Un diagnostic peut contribuer à l’analyse, mais le point de départ reste le retentissement scolaire. Une difficulté temporaire, un manque ponctuel d’acquis ou une situation exclusivement sociale peut appeler d’autres réponses.
Le mot « trouble des apprentissages » dans ce cadre ne doit pas être transformé en liste fermée de diagnostics. Les besoins peuvent concerner la lecture, l’écriture, le calcul, la coordination, l’attention, l’organisation ou d’autres fonctions, avec des combinaisons variables.
Mise en place
Le PAP peut être proposé par l’équipe pédagogique ou demandé par la famille ou l’élève majeur. La circulaire prévoit un constat des troubles et un avis du médecin de l’Éducation nationale. Le directeur d’école ou le chef d’établissement élabore ensuite le plan avec l’équipe éducative, la famille et l’élève selon son âge. Les enseignants le mettent en œuvre et l’actualisent 1.
Les modalités pratiques de saisine, de transmission des bilans et de coordination peuvent varier. Les documents de santé ne doivent circuler qu’entre personnes autorisées. L’enseignant a besoin de connaître les mesures, pas nécessairement tous les détails médicaux.
Aménagements fondés sur les besoins
Les adaptations peuvent concerner la présentation des consignes, le temps, les supports, les outils numériques, la quantité d’écriture, l’organisation du travail, l’évaluation ou la mémorisation. Une même mesure peut aider un élève et gêner un autre. Elle doit donc être reliée à un obstacle observable et à un objectif.
Le PAP est réévalué au moins annuellement dans la pratique prévue par la circulaire. Le suivi examine l’utilisation réelle, l’effet sur l’accès aux apprentissages, la charge pour l’élève et la nécessité de modifier les mesures.
Distinction avec le PPS
Le PPS s’inscrit dans la compensation d’une situation de handicap reconnue par la MDPH. Il peut comprendre une aide humaine, un matériel pédagogique adapté, une orientation ou l’intervention d’un service médico-social sur décision de la CDAPH. Le PAP ne permet pas, à lui seul, d’attribuer ces mesures. Si les besoins dépassent le champ pédagogique ordinaire, une demande de PPS peut être envisagée.
Distinction avec le PAI et le PPRE
Le PAI organise l’accueil d’un élève ayant un trouble de santé évoluant sur une longue période, notamment pour les soins, traitements, régimes ou conduites à tenir. Le PPRE est un plan d’actions ciblé lorsqu’un élève risque de ne pas maîtriser certaines connaissances ou compétences. Le PAP se substitue à un éventuel PPRE lorsque les conditions qui lui sont propres sont réunies 1, 2.
Examens et continuité
Les aménagements pédagogiques du quotidien ne valent pas automatiquement décision d’aménagement d’examen. Des procédures spécifiques s’appliquent. La continuité lors d’un changement d’établissement suppose une transmission organisée et une réévaluation des besoins, non une simple reproduction sans discussion.
!À retenir
- Le PAP répond à des difficultés scolaires durables liées à un trouble des apprentissages.
- Il organise des mesures pédagogiques dans les enseignements du cycle.
- Il ne dépend pas d’une décision de la CDAPH.
- L’avis du médecin compétent fait partie de la procédure prévue par les textes.
- L’équipe pédagogique élabore, met en œuvre et réévalue les adaptations.
- Les besoins, et non le diagnostic seul, déterminent les mesures.
- Un PAP ne donne pas automatiquement droit à une AESH, à un SESSAD ou à une orientation.
- PAP, PPS, PAI et PPRE ont des objets distincts.
- Les procédures et formulaires scolaires doivent être vérifiés à chaque rentrée.
Données scientifiques
Usage clinique
Les bilans cliniques peuvent décrire les fonctions concernées et proposer des principes d’adaptation. Le choix pédagogique appartient à l’équipe compétente et doit respecter les objectifs d’apprentissage.
Points faisant débat
- Périmètre du PAP : la frontière avec un PPS dépend des besoins de compensation, pas seulement du nom du trouble.
- Mise en œuvre : un document signé n’assure pas à lui seul l’application cohérente des mesures.
- Évaluation : la réduction de la charge ne doit pas être confondue avec l’abandon des apprentissages essentiels.
- Examens : les démarches peuvent différer du PAP quotidien.
- Actualisation : formulaires et circuits académiques peuvent évoluer.
Idées reçues
- « Un PAP exige une décision MDPH » : il relève de l’Éducation nationale.
- « Tout élève dys doit recevoir la même liste d’aménagements » : les besoins sont individualisés.
- « Le PAP donne droit à une AESH » : l’aide humaine relève du PPS et d’une décision compétente.
- « PAP et PAI sont interchangeables » : leurs objets diffèrent.
- « Un PAP réduit nécessairement les objectifs » : il vise d’abord l’accès aux enseignements du cycle.
Références
- 1.Ministère de l’Éducation nationale (2015). Le plan d’accompagnement personnalisé. Bulletin officiel de l’Éducation nationale(5)DOICirculaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015, NOR MENE1501296C; cadre de mise en œuvre du PAP, consulté en septembre 2026.
- 2.République française (2014). Code de l’éducation, article D311-13. LégifranceDOIFondement réglementaire du PAP et avis du médecin de l’Éducation nationale; version en vigueur consultée le 22 septembre 2026.
Usage social ou communautaire
Le PAP peut rendre légitimes des besoins auparavant interprétés comme un manque d’effort. Il ne doit toutefois pas devenir une étiquette scolaire supplémentaire ni exposer inutilement des données médicales.