Trouble dépressif
Le trouble dépressif est caractérisé par une humeur dépressive ou une perte d’intérêt persistante, accompagnée d’autres symptômes et d’un retentissement significatif.
Tableau clinique
La CIM-11 décrit des épisodes associant humeur dépressive ou diminution marquée de l’intérêt à des symptômes cognitifs, comportementaux et somatiques 4. La durée, la fréquence et l’altération du fonctionnement sont déterminantes. La dépression peut coexister avec anxiété, douleurs, troubles du sommeil ou difficultés exécutives.
Évaluation
L’entretien recherche chronologie, épisodes antérieurs, symptômes maniaques ou hypomaniaques, substances, médicaments, pathologies somatiques, événements de vie et risque suicidaire. Les questionnaires peuvent soutenir le repérage et le suivi, mais ne remplacent pas l’évaluation.
Interventions
Les prises en charge peuvent associer soutien, psychothérapies, action sur les facteurs sociaux, activité adaptée et antidépresseurs. La combinaison et l’intensité dépendent notamment de la sévérité et des antécédents 1, 3.
!À retenir
- Une humeur triste isolée n’établit pas un diagnostic.
- La perte d’intérêt ou de plaisir est centrale dans de nombreuses présentations.
- Irritabilité, ralentissement, agitation ou plaintes corporelles peuvent dominer.
- Le risque suicidaire doit être évalué sans être assimilé automatiquement à la dépression.
- Un antécédent de manie ou d’hypomanie modifie l’hypothèse diagnostique.
- Les traitements dépendent de la sévérité, du contexte et des préférences.
Données scientifiques
Usage clinique
L’évaluation précise sévérité, fonctionnement, caractéristiques mélancoliques ou psychotiques éventuelles, risque suicidaire et hypothèses alternatives.
Points faisant débat
- Hétérogénéité des tableaux regroupés sous un même diagnostic.
- Surdiagnostic et sous-diagnostic selon les contextes.
- Place des déterminants sociaux.
- Durée des traitements et prévention des rechutes.
Idées reçues
- « Il suffit de se ressaisir » : le trouble ne relève pas d’un simple choix.
- « La dépression est toujours visible » : certaines personnes maintiennent extérieurement leurs activités.
- « Un antidépresseur prouve le diagnostic » : une prescription n’est pas une preuve diagnostique.
- « Toute fatigue est dépressive » : de nombreuses causes sont possibles.
Références
- 1.World Health Organization (2025). Depressive disorder (depression). WHODOISymptômes, diagnostic et traitements de la dépression.
- 2.National Institute for Health and Care Excellence (2022). Depression in adults: treatment and management. NICEDOIRecommandations adultes, mises à jour selon le site NICE.
- 3.National Institute for Health and Care Excellence (2022). Depression in adults: treatment and management, recommendations. NICEDOIRecommandations détaillées sur évaluation et interventions.
- 4.World Health Organization (2024). Clinical descriptions and diagnostic requirements for ICD-11 mental, behavioural and neurodevelopmental disorders. WHODOIManuel clinique de référence de la CIM-11.
- 5.Sowerby, C.; Landsteiner, A.; Ullman, K. et al. (2026). Neuroimaging and neurophysiologic biomarkers for diagnosis and prognosis of depressive disorders, bipolar disorder, anxiety disorders, obsessive compulsive disorder, posttraumatic stress disorder, and substance use disorder: an evidence map. BMC Psychiatry, 26, 375DOICartographie des preuves; limites des biomarqueurs pour le diagnostic individuel.
Usage social ou communautaire
Le mot « dépression » est parfois employé pour toute baisse de moral. À l’inverse, la banalisation peut retarder les soins lorsque le retentissement est majeur.